Se perdre dans un jardin

Récemment, j’ai eu le bonheur de redécouvrir le jardin du Musée Albert Khan, à Boulogne-Billancourt. J’aime beaucoup les jardins, parce qu’il y a toujours une multitude de détails à découvrir, à remarquer, à sentir, ou à entendre. On s’émerveille devant une fleur ou une abeille qui butine. On évite l’araignée qui se balade trop proche de nous. On se perd entre les arbres, on s’extasie devant les couleurs d’une fleur. On observe la danse des poissons. Bref, on profite de chaque instant, on redevient un peu un enfant.

Pour ce deuxième mini album de juin, quelques photos de paysages qui ont attiré mon attention dans ce jardin aux multiples visages.

Cinq minutes interminables

J’ai hâte ! Je m’impatiente. Tic tac tic tac tic tac. Je regarde ma montre. La trotteuse fait des tours au pas de courses, pourtant rarement les minutes m’ont semblé aussi longues. Il ne me reste que cinq minutes, cinq petites minutes. Mais cela fait déjà trois fois cinq minutes que je tourne en rond, comme un animal sauvage en cage. Il faut que je me trouve une petite occupation. Quelque chose pour tromper mon esprit. Pour lui faire oublier les minutes qu’il me reste avant que cette porte ne s’ouvre.

Cette porte… Elle n’a rien de particulier. J’ai néanmoins remarqué une petite marque sur la peinture, tout en haut, à droite. A force de la fixer, cette porte, j’ai eu tout le loisir d’en examiner le moindre centimètre. La porte, ma montre, mes pieds, ma montre, la porte, la marque en haut à droite, mes pieds, ma montre. Je vais devenir folle à force ! Je n’aurais jamais dû arriver en avance. Et en même temps, je ne voulais surtout pas être en retard. Et puis qui sait, peut-être qu’elle aurait pu avoir de l’avance ? Malheureusement, ce n’est pas le cas. Oh, j’espère au moins qu’elle n’aura pas de retard ! Tic tac tic tac tic tac. Raaah, c’est décidé, dès que je sors, je m’achète une montre à affichage digital. Je n’en peux plus d’entendre ce mécanisme, de voir cette aiguille tourner sans fin.

Un bruit ! J’ai entendu un bruit, celui des pieds d’une chaise qui raclent le sol. Peut-être est-elle en train de se lever ? Est-ce qu’elle va enfin ouvrir cette porte ? Je m’assois précipitamment. Et j’affiche un sourire sur mon visage, on ne sait jamais. Je dois être prête lorsque la poignée s’abaissera. Elle ne doit surtout pas me voir dans cet état. Je me tiens bien droite et je fixe la porte. Tic tac tic tac tic tac. Le silence est revenu, seule ma trotteuse emplie d’un léger son l’espace. Mon sourire commence à se figer. Un dernier regard à ma montre… Et la porte s’ouvre enfin !

Voyager dans des mondes parallèles

Je mentionnais, il y a une semaine, tous ces lieux culturels fermés durant certaines périodes de ces deux dernières années si singulières. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais avant que cette crise sanitaire mondiale ne vienne chambouler toutes nos « pratiques », nos modes de vie, tout ce que l’on pensait savoir, j’avais pour habitude de fréquenter régulièrement tous ces espaces qui nous permettent de nous évader : les cinémas, les théâtres, les musées et espaces d’expositions. Je le savais déjà à l’époque, pour moi, tous les univers que je découvrais dans ces lieux étaient bien plus que du simple divertissement. Et ces moments m’ont manqué. En cette période où nous renouons avec plus de liberté, je les retrouve avec plaisir. Comme de vieux amis disparus le temps d’un long voyage, avec qui on a envie de rattraper le temps perdu.

Je retrouve notamment les salles obscures et j’identifie toutes ces sensations qui font que voir un film au cinéma est bien différent que de le regarder au fond de son propre canapé. C’est comme une alchimie qui s’opère en moi. Tous mes sens sont aux abois. Alors que mes yeux sont grands ouverts, la pièce se retrouve doucement plongée dans le noir. Le regard de tous les inconnus qui m’entourent est rivé sur l’écran qui s’anime. Nous plongeons ensemble dans ce monde encore inconnu qui nous transporte parfois tellement loin de notre quotidien.

Pendant 1h30 à 2h00, je mets mon téléphone en « mode avion », ma voix s’éteint, je m’efface, tout cela pour laisser place uniquement à ce qui se joue devant mes yeux. Les couleurs se mêlent aux ambiances musicales. Je ne sais plus exactement si ce qui me touche est ce que j’entends ou ce que je vois, si c’est la sympathie que j’éprouve pour ces personnages que je sais pourtant fictifs, ou si c’est parce que la scène me rappelle une réalité. La fiction se fait parfois poétique, à d’autres moments comique ou, au contraire, dramatique. J’embrasse les rêves et les peurs de ces personnages, qui deviennent mes amis ou mes ennemis l’espace de longues minutes. Et lorsque le générique apparaît à l’écran, me ramenant en même temps à ma réalité, je remercie silencieusement le réalisateur d’avoir partagé son terrain de jeux. Il est alors temps de retrouver la lumière ou, parfois, la nuit noire que l’on découvre avec étonnement en poussant la dernière porte de sortie.

Quand l’art s’invite sur notre chemin

Durant ces deux dernières années, les lieux culturels ont souvent été fermés, rendus inaccessibles, à la grande frustration de ceux qui les fréquentaient régulièrement. Cependant, le street art, cet art urbain et pensé comme éphémère nous est, lui, resté accessible. J’ai toujours aimé ces œuvres que l’on découvre sans (forcément) les avoir cherchées. Ces couleurs qui s’étalent devant nos yeux, cette poésie qui s’invite dans nos vies. Et j’admire les artistes qui prennent le temps de créer, en sachant qu’ils utilisent un moyen d’expression qui ne sera peut-être que fugace.

En ce mois de juin, je vous partage quelques-unes de ces créations qui m’ont fait arrêter mon chemin quelques secondes ou quelques minutes. Quelques-unes qui m’ont données envie de les capturer pour les garder à mes côtés.

L’amitié qui est naît d’un rire

– Tu sens ?

– Non, je ne sens rien.

Depuis quelques minutes, Adèle ne tient pas en place. Ses doigts, ses mains s’agitent, tapotent la table que nous occupons. Ses pieds sautillent sur place. Je vois bien que quelque chose la tracasse.

– Tu ne sens jamais rien, c’est dingue ! s’énerve-t-elle.

– Mais enfin, de quoi tu parles ? Tout ce que je sens, c’est l’odeur de la pizza qui vient d’être servie à la table voisine.

– Mais non ! Je ne te parle pas d’odeur ! Je sens que les choses vont mal tourner. On va avoir des problèmes, c’est certain.

Je la regarde fixement. Je ne comprends rien à ce qu’elle me raconte. Pourtant, son état me touche. Bien que je n’aie aucune idée de ce qui pourrait mal se passer, les poils de mes bras se dressent. Et ce n’est pas le froid, aujourd’hui il fait au moins 27°. Les pieds d’Adèle s’agitent toujours sous la table.

– Bon Adèle, calme-toi un peu et explique-moi. Parce que là, je nage complètement, sans voir la rive qui me permettra de reprendre pied.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Je profite de ce petit rayon de soleil qui s’offre à moi avant qu’il ne s’efface de nouveau sous la tempête. Je me rappelle le premier jour où nous nous sommes rencontrés. Il y a deux ans à peu près. Nous étions tous les deux à une soirée d’anniversaire, celle d’un ami commun. C’est elle qui m’a abordé. Je me souviendrai toujours de ses premières phrases : « J’ai vu ton rire avant de te voir toi. Il m’a donné envie de savoir à qui il appartenait. » J’ai été surpris et flatté, je l’avoue. Et tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est de la reprendre : « Tu veux dire que tu as ENTENDU mon rire ? ». Elle avait alors levé les yeux au ciel et m’avait répondu que lorsqu’elle avait vu mon rire, elle espérait mieux de son propriétaire.

Malgré ce faux départ, nous avions passé toute la soirée à discuter, oubliant tous ceux qui nous entouraient jusqu’au moment où la lumière s’était éteinte et qu’une vingtaine de personnes s’était mise à chanter à l’unisson « Joyeux anniversaire » ! Suite à cette soirée, nous avions échangé nos numéros. Et avant même que je n’ai eu le temps de le réaliser, elle était devenue une de mes meilleures amies.

Des instants suspendus à s’offrir

Je ne sais pas à quoi ressemble votre intérieur… Je parle évidemment de votre logement, pas de votre corps ! Chez moi, de nombreuses photos sont affichées un peu partout. Elles représentent principalement des personnes : mes proches, amis, famille. Bien plus qu’une simple déco, c’est un de mes petits plaisirs. Je vous explique.

Lorsque mon regard tombe sur l’une d’elle, surgit alors dans mon esprit le souvenir du moment où la photographie a été prise. Je me rappelle le moment, le lieu, mais surtout l’émotion, ce que je ressentais à cet instant précis. En général, cela suffit à me donner le sourire.

Lorsque mon regard s’attarde, lorsque mon esprit s’envole, je me souviens de bien plus que ce qui s’offre à mes yeux. Je revisite ce que j’ai déjà vécu avec la ou les personnes qui m’offrent leurs sourires figés dans le papier glacé. Et je savoure le lien qui nous lie, qui nous unit. Durant quelques secondes, mon quotidien s’efface.

Est-ce que j’ai besoin de ça pour me rappeler, me direz vous ? Non, évidemment, non. Mais ces photos, c’est une manière d’y penser plus, ou mieux. Ce sont des souvenirs qui s’invitent dans ma tête à des moments où je ne m’y attends pas. C’est comme un enfant qui vient vous offrir un bonbon alors que vous êtes en grande discussion avec ses parents. Vous vous arrêtez quelques secondes, vous lui souriez et vous le remerciez. Et peu importe qu’il soit venu interrompre un échange des plus importants. Cette parade de photos, ce sont mes petits bonbons, avec le sucre en moins !

Une collection à l’infinie

S’il y a bien une chose qui me fascine dans la nature, ce sont les fleurs. Quand je me balade, quel que soit le lieu, il est rare que je ne ralentisse pas mes pas quelques secondes lorsque j’en croise une sur mon chemin. Elles retiennent toutes mon attention. Avouez que la nature est quand même très forte : entre les couleurs, les formes, les tailles, ce qui s’offre à nos yeux semble infini. On peut dire de quelques-unes qu’elles sont délicates, quand d’autres jouent de leur élégance. La simplicité de certaines nous touchera autant que la complexité ou la générosité de leurs frangines. Et je ne parle ici que de ce qui se présente à nos yeux, n’oublions pas que notre odorat peut tout autant être séduit.

En ce mois de mai, où les fleuraisons sont nombreuses, un petit arrêt sur image sur quelques fleurs. Sur cette beauté qui, à chaque fois, me fait arrêter mes pas et sortir mon appareil. À défaut de pouvoir emplir mon intérieur de ces bijoux, j’en collectionne les photographies.

Les merveilleux pouvoirs des romans

L’idée ici, interroger une personne (toi par exemple, si tu en as envie) sur une lecture « coup de cœur ». Pour cette première interview, c’est Aurélie qui a accepté de relever le défi de nous partager une de ses histoires favorites. Entre émotions et identification, elle nous parle d’un roman qu’elle a lu et relu et qui la transporte à chaque fois.

La première question que j’aimerais te poser, c’est de savoir pourquoi tu lis ? Qu’est-ce que ça t’apporte, qu’est-ce que tu peux ressentir quand tu lis ?

J’ai envie de dire que je n’ai pas tout de suite apprécié la lecture dans ma jeune vie. La lecture est arrivée à l’âge adulte, et j’ai découvert le fait d’activer mon imagination. Quand j’étais enfant, adolescente, j’avais tendance à m’imaginer moi-même les choses et j’avais une imagination très développée. En devenant adulte, j’ai un petit perdu ça. Et, du coup, avec la lecture, je retrouve cette imagination à développer dans ma tête. Quand je suis dans un livre en fait, tout autour de moi j’ai toute la scène qui prend vie. Je vois les personnages, là où ils se trouvent, leurs actions, donc j’ai l’impression d’être immergée à l’intérieur du livre et dans ma tête.

D’accord, tu le transformes en film en fait.

Oui, c’est un peu ça ! Mais du coup, ça n’appartient qu’à moi. Parce qu’un film tu peux le partager avec quelqu’un d’autre, alors que là, un livre, tu es toute seule à le vivre, à l’intérieur de toi.

L’idée aujourd’hui, c’est donc que tu nous conseilles un livre. De quel livre vas-tu nous parler ?

Alors c’est un livre qui est en deux tomes. Le premier tome c’est : « Nos chemins de travers », de Georgia Caldera, c’est une autrice française. Et le tome deux, c’est : «Nos vagues à l’âme ». Et c’est un livre qui est considéré comme du « New adult ».

Donc c’est l’histoire de Emma et Louis. Ce sont de très jeunes adultes, 19/20 ans, qui rentrent à la fac, ils sont dans leurs premières années en fac. Emma et Louis se sont toujours plus ou moins côtoyés sans vraiment se parler ou se connaître. Ils étaient dans le même collège, le même lycée, dans la même fac. Et ils ont la même passion commune, qui est l’équitation. Donc Louis, c’est plutôt le mec très beau gosse, imbu de lui-même, tout lui réussi. Voilà, le mec que toutes les filles voudraient avoir. Et Emma, elle a très peu d’estime pour elle. Elle est très timide, très renfermée, vraiment l’opposé de Louis. Elle, si elle pouvait s’effacer, elle le ferait. Alors, Louis est plutôt dans l’équitation de compétition et Emma c’est son job étudiant en fait. Et il va se passer un événement qui va les faire se rencontrer…

D’accord. Donc là tu es obligé de t’arrêter sinon tu nous racontes toute l’histoire !

Voilà ! Ce que j’aime bien, c’est qu’on a dans le livre des parties de Emma et des parties de Louis. Donc on alterne entre Emma et Louis, et on avance comme ça, dans le temps.

Et au départ, qu’est-ce qui a fait que tu t’es intéressée à ce livre, comment tu l’as choisi ?

Je ne me souviens pas. C’est un livre que j’ai lu quatre ou cinq fois, les deux tomes… Je ne pourrais pas te dire. Mais je suis tombée amoureuse de ce livre.

Qu’est-ce qui t’a plu plus particulièrement ? Tu dis que tu es tombée amoureuse, c’est très fort comme mot.

Oui ! Parce qu’en fait, c’est la première fois qu’un livre a fait autant écho en moi. Je me suis beaucoup retrouvée en Emma, même si je n’ai pas trop accepté différentes situations ou comportements qu’elle a eu (rires). Mais voilà, ça a fait beaucoup écho, j’ai beaucoup eu d’émotions en lisant ce livre-là. De la tristesse, de la joie, de l’angoisse aussi un peu pour Emma, ou pour Louis, et vraiment, voilà, beaucoup d’émotions qui ont été créés en lisant ce livre-là. Que je ne retrouve pas forcément avec d’autres livres.

Donc il y a vraiment la transmission d’émotions au cœur de ton discours. Et du coup, est-ce qu’il y a un état d’esprit dans lequel il faut être pour s’engager dans cette lecture ?

Non, c’est une lecture vraiment très facile, très fluide.

Et ça t’emmène, tu disais, autant sur des choses sympas, que sur des moments où tu vas plus avoir peur ou de la tristesse. Finalement c’est la vie.

Ah oui ! On est vraiment sur du quotidien, c’est pas une grosse aventure, c’est une histoire de vie, à un moment donné. Ça va se passer sur un an, sur les deux tomes. Mais c’est vraiment du quotidien et ce que les gens peuvent vivre dans la vraie vie.

J’aimerais savoir, si tu devais le conseiller à quelqu’un en quelques mots, qu’est-ce que tu mettrais en avant, qu’est-ce tu pourrais dire ?

T’as pas le temps de lui raconter le pitch, tu veux juste lui dire « Lis le, il est vraiment sympa ! ».

Lis-le, il est vraiment sympa ! (rires) Non, ce que je dirais, c’est une belle histoire, qui est pas forcément rocambolesque mais voilà, c’est du simple et c’est très bien écrit en plus. Et vraiment, moi, les émotions que j’ai eues avec ce livre là, j’ai envie de les faire vivre à d’autres gens. Donc faut y aller !

J’ai deux petites questions bonus pour terminer. Je voudrais savoir si tu utilises un marque-page et quel type de marque-page tu utilises ?

Je lis sur une liseuse ! Donc je n’ai pas de marque-page, c’est l’appareil qui le fait pour moi.

Ok, et si au lieu de t’interroger toi sur ce bouquin, j’étais allée interroger le livre sur toi, en tant que lectrice. Tu penses qu’il aurait dit quoi ?

(rires) « Elle est folle, elle s’arrête pas. » À chaque fois. Ça me le fait à chaque fois. Bon, évidemment, j’ai moins la surprise puisque je connais le livre, mais je n’arrive pas à m’arrêter quand je le démarre, donc je pense que mon petit appareil, il se dit : « Mais elle s’arrête jamais ! ». Je peux passer une nuit blanche à lire les deux tomes, sans problème.

Je te laisse le mot de la fin… si tu en as un.

Allez le lire ! … euh, le mot de la fin, je porte Emma et Louis dans mon cœur. Voilà, c’est une très jolie histoire et moi je les aime.

Et tu as envie de les faire voyager avec d’autres personnes. 🙂

S’échapper à petits sauts

Et voilà, il a encore pris la fuite ! Décidément, il me fera courir celui-ci. Je balaie la pièce du regard et je le vois. Cette fois, il est juste sous la table basse, reposant sur le tapis moelleux. Je me baisse pour l’attraper et saisit au passage un stylo oublié sur le canapé. Il est temps de m’y remettre pour l’apaiser.

Il y a des textes qui font rire, d’autres qui font peurs, certains touchent une corde sensible qui nous appartient. Bref, en général, les textes provoquent des émotions. Ils sont là, couchés sur le papier, ils ne bougent pas mais réveillent notre sensibilité.

Celui-ci est d’un autre genre. Il saute ! Vous m’avez bien comprise, il ne sait pas rester à sa place. Depuis que j’ai commencé à l’écrire, il fait régulièrement de petits bonds. Hier soir, je l’ai retrouvé dans ma chambre. Le temps de prendre mon repas, il était sorti du salon, avait sauté marche après marche pour accéder à l’étage et avait fini dans ma penderie restée ouverte.

Ne riez pas ! Un texte qui saute, ça vous paraît fou, improbable, impossible. C’est extrêmement rare, je vous l’accorde, mais cela existe. Si vous écrivez régulièrement, vous finirez forcément par en croiser un, un jour. Vous lui courez alors après en vous demandant par quelle magie il a été frappé.

Rien d’inquiétant pour autant. D’ailleurs, je vous parle d’un texte qui saute, mais qui sait, peut-être que le vôtre rampera ou volera ! En tous les cas, il se déplacera. Et si vous n’y faites pas attention, vous risquez de le perdre. Et lui, risque de se sentir abandonné. Pour moi, il n’y a rien de pire qu’un texte abandonné.

Je cours donc après celui-ci depuis quelques jours. Je sais qu’une fois que je l’aurai terminé, que le point final sera posé sur le papier, il arrêtera de sauter.

Quand notre regard s’arrête sur la nature

L’hiver s’efface doucement. Après plusieurs mois à hiberner, au chaud sous de multiples couches de tissus et de laine, nous retrouvons le plaisir des sorties en extérieur. Notre regard est accroché par les nouvelles couleurs qui pointent ici ou là, au gré des bourgeonnements et des diverses floraisons. Certains d’entre nous sont peut-être plus sensibles à ce que nous offre la nature à cette période printanière. Des paysages époustouflants se dessinent pourtant à chaque saison.

En ce mois d’avril, pour ce premier « mini album » photos, j’ai envie de concentrer mes bonus sur ces paysages où la nature nous fait suspendre nos pas, quelle que soit la couleur du ciel. N’hésitons pas à nous arrêter quelques secondes ou quelques minutes sur ce qui nous fait du bien.