L’amitié qui est naît d’un rire

– Tu sens ?

– Non, je ne sens rien.

Depuis quelques minutes, Adèle ne tient pas en place. Ses doigts, ses mains s’agitent, tapotent la table que nous occupons. Ses pieds sautillent sur place. Je vois bien que quelque chose la tracasse.

– Tu ne sens jamais rien, c’est dingue ! s’énerve-t-elle.

– Mais enfin, de quoi tu parles ? Tout ce que je sens, c’est l’odeur de la pizza qui vient d’être servie à la table voisine.

– Mais non ! Je ne te parle pas d’odeur ! Je sens que les choses vont mal tourner. On va avoir des problèmes, c’est certain.

Je la regarde fixement. Je ne comprends rien à ce qu’elle me raconte. Pourtant, son état me touche. Bien que je n’aie aucune idée de ce qui pourrait mal se passer, les poils de mes bras se dressent. Et ce n’est pas le froid, aujourd’hui il fait au moins 27°. Les pieds d’Adèle s’agitent toujours sous la table.

– Bon Adèle, calme-toi un peu et explique-moi. Parce que là, je nage complètement, sans voir la rive qui me permettra de reprendre pied.

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Je profite de ce petit rayon de soleil qui s’offre à moi avant qu’il ne s’efface de nouveau sous la tempête. Je me rappelle le premier jour où nous nous sommes rencontrés. Il y a deux ans à peu près. Nous étions tous les deux à une soirée d’anniversaire, celle d’un ami commun. C’est elle qui m’a abordé. Je me souviendrai toujours de ses premières phrases : « J’ai vu ton rire avant de te voir toi. Il m’a donné envie de savoir à qui il appartenait. » J’ai été surpris et flatté, je l’avoue. Et tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est de la reprendre : « Tu veux dire que tu as ENTENDU mon rire ? ». Elle avait alors levé les yeux au ciel et m’avait répondu que lorsqu’elle avait vu mon rire, elle espérait mieux de son propriétaire.

Malgré ce faux départ, nous avions passé toute la soirée à discuter, oubliant tous ceux qui nous entouraient jusqu’au moment où la lumière s’était éteinte et qu’une vingtaine de personnes s’était mise à chanter à l’unisson « Joyeux anniversaire » ! Suite à cette soirée, nous avions échangé nos numéros. Et avant même que je n’ai eu le temps de le réaliser, elle était devenue une de mes meilleures amies.

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