Voyager dans des mondes parallèles

Je mentionnais, il y a une semaine, tous ces lieux culturels fermés durant certaines périodes de ces deux dernières années si singulières. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais avant que cette crise sanitaire mondiale ne vienne chambouler toutes nos « pratiques », nos modes de vie, tout ce que l’on pensait savoir, j’avais pour habitude de fréquenter régulièrement tous ces espaces qui nous permettent de nous évader : les cinémas, les théâtres, les musées et espaces d’expositions. Je le savais déjà à l’époque, pour moi, tous les univers que je découvrais dans ces lieux étaient bien plus que du simple divertissement. Et ces moments m’ont manqué. En cette période où nous renouons avec plus de liberté, je les retrouve avec plaisir. Comme de vieux amis disparus le temps d’un long voyage, avec qui on a envie de rattraper le temps perdu.

Je retrouve notamment les salles obscures et j’identifie toutes ces sensations qui font que voir un film au cinéma est bien différent que de le regarder au fond de son propre canapé. C’est comme une alchimie qui s’opère en moi. Tous mes sens sont aux abois. Alors que mes yeux sont grands ouverts, la pièce se retrouve doucement plongée dans le noir. Le regard de tous les inconnus qui m’entourent est rivé sur l’écran qui s’anime. Nous plongeons ensemble dans ce monde encore inconnu qui nous transporte parfois tellement loin de notre quotidien.

Pendant 1h30 à 2h00, je mets mon téléphone en « mode avion », ma voix s’éteint, je m’efface, tout cela pour laisser place uniquement à ce qui se joue devant mes yeux. Les couleurs se mêlent aux ambiances musicales. Je ne sais plus exactement si ce qui me touche est ce que j’entends ou ce que je vois, si c’est la sympathie que j’éprouve pour ces personnages que je sais pourtant fictifs, ou si c’est parce que la scène me rappelle une réalité. La fiction se fait parfois poétique, à d’autres moments comique ou, au contraire, dramatique. J’embrasse les rêves et les peurs de ces personnages, qui deviennent mes amis ou mes ennemis l’espace de longues minutes. Et lorsque le générique apparaît à l’écran, me ramenant en même temps à ma réalité, je remercie silencieusement le réalisateur d’avoir partagé son terrain de jeux. Il est alors temps de retrouver la lumière ou, parfois, la nuit noire que l’on découvre avec étonnement en poussant la dernière porte de sortie.

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