
J’ai hâte ! Je m’impatiente. Tic tac tic tac tic tac. Je regarde ma montre. La trotteuse fait des tours au pas de courses, pourtant rarement les minutes m’ont semblé aussi longues. Il ne me reste que cinq minutes, cinq petites minutes. Mais cela fait déjà trois fois cinq minutes que je tourne en rond, comme un animal sauvage en cage. Il faut que je me trouve une petite occupation. Quelque chose pour tromper mon esprit. Pour lui faire oublier les minutes qu’il me reste avant que cette porte ne s’ouvre.
Cette porte… Elle n’a rien de particulier. J’ai néanmoins remarqué une petite marque sur la peinture, tout en haut, à droite. A force de la fixer, cette porte, j’ai eu tout le loisir d’en examiner le moindre centimètre. La porte, ma montre, mes pieds, ma montre, la porte, la marque en haut à droite, mes pieds, ma montre. Je vais devenir folle à force ! Je n’aurais jamais dû arriver en avance. Et en même temps, je ne voulais surtout pas être en retard. Et puis qui sait, peut-être qu’elle aurait pu avoir de l’avance ? Malheureusement, ce n’est pas le cas. Oh, j’espère au moins qu’elle n’aura pas de retard ! Tic tac tic tac tic tac. Raaah, c’est décidé, dès que je sors, je m’achète une montre à affichage digital. Je n’en peux plus d’entendre ce mécanisme, de voir cette aiguille tourner sans fin.
Un bruit ! J’ai entendu un bruit, celui des pieds d’une chaise qui raclent le sol. Peut-être est-elle en train de se lever ? Est-ce qu’elle va enfin ouvrir cette porte ? Je m’assois précipitamment. Et j’affiche un sourire sur mon visage, on ne sait jamais. Je dois être prête lorsque la poignée s’abaissera. Elle ne doit surtout pas me voir dans cet état. Je me tiens bien droite et je fixe la porte. Tic tac tic tac tic tac. Le silence est revenu, seule ma trotteuse emplie d’un léger son l’espace. Mon sourire commence à se figer. Un dernier regard à ma montre… Et la porte s’ouvre enfin !