Chercher le détail

Les falaises s’étendent à perte de vue. Le paysage est étonnant. D’un côté, la mer se prolonge jusqu’à l’horizon, de l’autre, les falaises qui s’élèvent vers le ciel semblent en interdire l’accès. Il nous a fallu gravir un long chemin de terre pour atteindre le sommet. Nous étions tous un peu essoufflés mais le décor qui s’offre à nous en valait l’effort. Aucune parole ne s’échange, comme si le lieu proposait une quiétude qu’il ne fallait surtout pas briser.

Je scrute les parois, sans réellement savoir ce que je cherche… jusqu’à l’apercevoir. Il est assez loin, mais on le distingue néanmoins clairement. À plusieurs mètres, un cadran solaire fait face à la mer. La pointe se dresse fièrement mais de là où je suis, je ne distingue pas vraiment son ombre.

Tandis que Julia me tourne le dos, absorbée par les vagues qui viennent se fracasser contre les rochers quelques mètres plus bas, Danielle s’approche doucement de moi. « Qu’est-ce que tu regardes comme ça ? » Au son de sa voix, Stéphane nous rejoint et dirige à son tour son regard dans la direction que semble suivre le mien.

Quelques secondes s’écoulent avant que je ne réponde, leur laissant ainsi le temps de repérer ce qui m’intrigue. « C’est un cadran solaire. Je me demande bien pourquoi il a été placé à cet endroit. A part si l’on vient de la mer, l’emplacement n’a pas vraiment d’intérêt. »

C’est Stéphane qui me répond le premier : « C’est vrai. C’est bizarre. Une horloge pour les marins, est-ce que c’est utile ? ». Il détourne aussitôt son regard, comme si le sujet ne l’intéressait pas plus. Julia a toujours le regard perdu dans la mer. Elle semble ne plus être vraiment avec nous. Il ne reste donc que Danielle à mes côtés, pour s’interroger.

Un groupe de cinq personnes fait irruption en haut de la falaise, à quelques pas de là où nous nous sommes postés. Ils sont particulièrement bruyants. La tranquillité a fui à leur arrivée. C’est à peine s’ils déposent leurs regards sur le paysage, plus occupés à essayer de se prendre en selfie. C’est certainement au travers de leurs photographies qu’ils découvriront la beauté du lieu.

Voir la vie en rose

Au lever ou au coucher du soleil, il suffit de lever les yeux pour voir le ciel se colorer de différentes nuances, souvent roses ou orangées. Je suis quasiment certaine que vous vous êtes déjà arrêtés devant ces peintures vivantes, qui évoluent au gré des minutes qui passent. J’adore ces moments suspendus, que je les ai choisis ou qu’ils me surprennent au détour d’une balade ou d’un regard jeté par la fenêtre.

Il est doux, l’espace de quelques instants, de poser son regard sur cette nature étonnante. De se gorger de cette lumière naissante ou, à l’inverse, qui s’échappe pour disparaître totalement. Voici donc, en cette période où les jours se raccourcissent pour laisser doucement plus de place à la nuit, quelques-uns de ces moments immortalisés par l’objectif, pour ce septième mini album-photo.

Ma saison préférée

L’été est ma saison préférée. Pour diverses raisons : les journées à rallonge qui nous donnent l’impression de pouvoir vivre plus, le ciel souvent bleu qui emplit mon regard, le soleil bien présent qui permet de sortir sans prendre de gilet ou de veste (pour la frileuse que je suis, c’est un grand plaisir). Pour les fleurs aussi, toujours présentes, qui donnent des couleurs aux parcs et jardins. Et puis c’est la saison des vacances. Même si tout le monde ne part pas ou ne part pas à cette période, les vacances scolaires s’imposent, les grandes villes se vident (pour le grand plaisir des citadins qui restent), et s’emplissent tout à la fois de touristes étrangers, leur donnant un goût d’ailleurs.

Bien que l’air soit parfois étouffant, une odeur de légèreté circule pleinement. Les vêtements deviennent moins lourds et se raccourcissent, mettant enfin à l’honneur les formes de chacun, rendant les corps un peu moins uniformes que lorsqu’ils sont engoncés dans d’énormes manteaux sombres. D’ailleurs, la couleur est de nouveau bien présente dans la vie quotidienne ! Les diverses activités extérieures se multiplient, animant chaque place ou parc. C’est également la saison des pique-niques et des barbecues, et qui n’aiment pas ces repas, souvent simples mais toujours accompagnés de sourires ? Pour certains, le rythme est ralenti et on prend plus de temps pour faire ce que l’on aime, ce qui nous fait du bien.

Mais nous voici déjà à l’aube de la rentrée. Rentrée scolaire certes, qui ne concernent donc plus la plupart d’entre nous, pourtant nous parlons tous de rentrée après cette période estivale, qui semble allégée le cœur de beaucoup. L’été est passé vite. Bien que la période offre de longues journées, j’ai la sensation d’être passée par un accélérateur de temps ! Les bureaux s’emplissent de discussions autour des vacances terminées, souvent ponctuées de soupirs ou de « Les vacances sont toujours trop courtes ! ».

Pour moi, l’été est une période plus douce, plus calme, moins contraignante par divers aspects, plus légère donc et avec un rythme plus tranquille. Pour autant, la rentrée amène son lot de possibles. Un potentiel nouveau rythme à trouver, de nouvelles activités à tester, de nouvelles envies, de nouvelles opportunités. Un peu comme à la nouvelle année, on se pose quelques minutes ou quelques jours, pour faire le point, se demander de quoi on a envie, qu’est-ce qu’on aimerait avoir de plus ou de moins dans sa vie. Et chacun à la possibilité d’entrer en action pour s’offrir ce qui est souhaité, rêvé, imaginé. L’été n’est pas tout à fait terminé, la vitamine D inonde toujours nos corps, le froid ne nous a pas encore engourdi, bref, la période est parfaite pour « tester »… à condition de résister et de ne pas se laisser engloutir par la tempête de la rentrée ! Certains pensent qu’il faut sauter dans la rivière et se laisser emporter par le courant pour ne pas se laisser distancer ! Il est pourtant possible de rester sur la berge et d’avancer à son propre rythme. Un peu comme en été en fait.

Le début de quelque chose

Elle vient d’arriver. Elle respire un bon coup, histoire de ne pas laisser l’angoisse s’installer. C’est son premier voyage en dehors de la France. Elle a choisi l’Islande. Le choix pourra paraître étonnant pour certains… Il était rassurant pour elle. Elle doit y rejoindre un ami d’ami. Charles, c’est son prénom. Ils ne se connaissent pas, en tout cas, pas encore. Ce sera le cas dans quelques minutes.

Elle récupère sa valise violette et suit les quelques passagers qui se dirigent déjà vers la sortie. C’est là qu’elle le voit. Enfin, c’est plutôt la petite pancarte qu’il tient qu’elle repère, avec son prénom inscrit dessus en lettres capitales. Il a fait une faute en écrivant Rebecca avec un K.

Elle lève les yeux vers son visage et est surprise par ses cheveux blancs. Il n’a pourtant que 25 ans. Son regard noir semble perdu dans le vide. Dans ses oreilles, deux écouteurs qui sont sûrement la cause du léger balancement de sa tête.

Elle se sent impressionnée. Elle hésite quelques secondes, puis s’approche. Il semble surpris et elle se demande si elle ne s’est pas trompée. Peut-être que deux Rebecca étaient dans l’avion ! Cela expliquerait d’ailleurs la faute dans son prénom. Elle aurait dû demander une photo pour être sûre de le reconnaître. Elle n’y a même pas pensé.

Charles retire ses écouteurs tout en glissant la petite pancarte sous son bras gauche. Et il sourit. Un grand sourire qui laisse entrevoir ses dents et illumine tout son visage. Elle se sent rassurée. C’est sûr, ce voyage sera le début de quelque chose.

Quand le vêtement devient œuvre d’art

Il y a quelques semaines, j’ai eu le plaisir de découvrir La Galerie Dior, nouveau musée parisien. S’il y a bien des musées « enchanteurs » pour moi, ce sont ceux autour de la mode. Entre les pièces présentées et, souvent, la scénographie créée autour d’elles, le plaisir nourrit tant notre regard que notre imaginaire. Moi qui adore les robes, j’ai pu m’échapper dans un monde qui n’est pas le mien. L’espace de quelques minutes, de quelques heures, je n’étais plus à Paris mais dans divers bals créés par mon cerveau et l’ambiance qui m’enveloppait.

Pour ce sixième mini album-photo, je vous laisse découvrir quelques vêtements/œuvres d’art qui ont apporté un peu de magie dans mon quotidien.

Mes voyages sont bien plus longs qu’ils n’y paraissent

Vous aimez voyager ? Pas forcément très loin, pas forcément longtemps, juste quitter son domicile habituel, partir, découvrir quelque chose de nouveau, rompre avec son quotidien. Personnellement, j’y prends beaucoup de plaisir. Et celui-ci commence même en amont du départ. Une fois que la destination est choisie, le voyage débute avec sa préparation ! Se plonger avant l’heure dans cet univers nouveau, sélectionner quelques endroits qu’il me faudra découvrir, savourer l’attente du départ, préparer soigneusement sa valise.

Et puis se mettre en route, enfin. Le fait d’être « en mouvement » vers une nouvelle destination me procure toujours une sensation de bien-être. Que ce soit en train, en avion, en voiture, seule ou accompagnée, cet « aller vers » m’est toujours agréable. Mon esprit s’envole et vagabonde, comme si ce départ le rendait plus libre, plus léger, plus apaisé.

Puis vient l’arrivée et le séjour en lui-même. Un nouveau quotidien, moins de contraintes, des endroits à explorer, de l’émerveillement au détour d’une rue, des instants suspendus. Découvrir, prendre son temps, savourer, se créer de jolis souvenirs, profiter, se reposer.

Et enfin le départ, la tête pleine et légère à la fois. La tristesse d’une fin qui laisse rapidement place au plaisir du retour. Retrouver son cocon, ses proches, son quotidien. J’ai pour habitude de ne partager mes photographies qu’une fois rentrée. J’ai l’idée, la sensation, que ça me permet d’être plus présente dans cet ailleurs, de ne pas anticiper le retour. Et j’ai plaisir, une fois chez moi, à me replonger dans cette parenthèse au travers des images. M’émerveiller de nouveau, sélectionner les clichés les plus réussis ou ceux qui me transmettent le plus d’émotions, pour enfin les partager. Ça prolonge le voyage. Finalement, mes voyages sont bien plus longs qu’ils n’y paraissent.

Un regard hypnotique

Comme tous les samedis soir, le bar est bondé. La musique de fond s’efface derrière les conversations. Nous sommes six à notre table. Plusieurs discussions se mêlent et s’entremêlent tout à notre joie de nous retrouver. Chacun y va de son anecdote, chacun veut tout raconter et tout savoir. Je savoure l’énergie que nous dégageons tous. Cette soirée était prévue depuis deux mois maintenant, nous avions hâte d’y être.

Julien et Sabrina sont en train de nous raconter leur dernier voyage lorsque le serveur nous interrompt pour nous demander si nous souhaitons quelque chose d’autre. Après avoir écouté nos souhaits pour cette deuxième tournée, il s’éloigne aussi vite qu’il est arrivé. C’est à ce moment-là, dans le « trou » qu’il laisse en s’écartant de notre table, que mon regard est accroché par celui d’un homme, assis à une des tables qui me font face.

Lui aussi est au milieu d’un groupe, mais à cet instant, tout ce que je vois, ce sont ses yeux qui semblent hypnotisés par les miens. Troublée, je baisse le regard. J’ai sûrement imaginé ce qu’il vient de se passer. Je porte mon verre à mes lèvres et me rend compte qu’il est vide. Lentement, je relève la tête. Son regard est toujours tourné vers le mien. Son visage est impassible mais ses yeux…

Je ne saurais décrire ce que je ressens. Me regarde-t-il vraiment ? Est-ce l’alcool qui me monte à la tête ? Je doute, tout en m’en voulant d’accorder de l’importance à ce qui est en train de se passer. Mes amis n’ont rien remarqué. Pierre est en train de taquiner Sylvain, comme il sait si bien le faire. Et Julien s’amuse de cette scène qu’il a pourtant déjà vue mille fois. Les deux filles discutent, à l’inverse, très sérieusement. Je ne sais plus qui parle de quoi. Tout ce que je sais, c’est que ce regard a provoqué en moi quelque chose d’inattendu.

S’apaiser en plongeant

En cette période estivale, où le soleil vient frapper fort à nos portes et à nos fenêtres, il fait bon d’avoir un point d’eau pas trop loin. Avez-vous déjà remarqué la sensation que procure une « vue » sur l’eau, la mer, un canal, une rivière ? Question philosophique ou biologique, est-ce parce que notre corps est constitué majoritairement d’eau que notre cerveau apprécie autant sa présence ?! Quelle qu’en soit la réponse, de mon côté la vue d’une étendue d’eau m’apaise et me réjouit.

J’avais donc envie de partager ces quelques photos dans ce nouveau mini album. D’autant plus qu’au mois de juillet, les maillots de bain sont de sortis pour beaucoup. Pas besoin d’en sortir un néanmoins pour plonger dans ces photographies.

Danser avec les étoiles

Elle était là, plantée au milieu de cette rue qu’elle ne connaissait pas il y a encore une heure. Les passants virevoltaient autour d’elle, comme si elle n’était qu’un simple poteau de plus à éviter. Personne ne la regardait, personne ne s’y intéressait. Et la nuit commençait à tomber, faisant disparaître petit à petit toutes les ombres. Les humains seraient bientôt seuls. Et elle, encore plus.

Tout avait commencé deux mois plus tôt. Elle ne comptait plus le nombre de trophées qu’elle avait gagné, à la sueur de nombreuses heures de pratiques. Ce jour-là, cette compétition aurait pu être comme toutes les précédentes. Mais son corps avait décidé de la lâcher. Lâchement, sans même l’avoir prévenu, sans qu’elle n’ait pu s’y préparer. Elle dansait, ses bras, ses jambes, tout son corps était en mouvement. Elle avait répété cette chorégraphie des centaines et des centaines de fois. Son corps avait largement eu le temps de l’intégrer. Mais des étoiles s’en étaient mêlées. Des étoiles qui étaient venues danser devant ses yeux. Pas de celles que l’on trouve dans les grands ballets, plutôt celles qui l’avaient désorienté, ayant quitté la nuit pour se retrouver sous les projecteurs.

Avoir du temps pour prendre son temps

Plus de deux ans que je n’avais plus pris l’avion ! Je découvre qu’aujourd’hui on fait seul son enregistrement de bagage. Puis je patiente dans une file d’attente immense pour rejoindre la zone d’embarquement. Autour de nous des personnes s’inquiètent, voire paniquent de rater leur vol. Je me dis que l’on a bien fait d’arriver trois heures avant le vol.

Avancer à petits pas. Découvrir qu’au bout d’une file d’attente, il y en a encore une autre. Prendre son mal en patience et garder le sourire, c’est les vacances ! Arriver enfin devant la porte d’embarquement. Avoir le temps de faire de nouveau la queue pour s’acheter un sandwich. Puis le manger dans un grand fauteuil, face à l’avion qui attend patiemment ses passagers. Monter dans l’avion et… avoir du temps, beaucoup de temps.

Savourer le décollage et l’arrivée dans les nuages. Prendre des photos parce qu’on a beau l’avoir déjà vécu, c’est toujours un moment exceptionnel. Découvrir que l’on peut avoir du wifi en mode avion et dans l’avion (c’est dingue le progrès ! On ne se déconnecte donc plus jamais ?!). Rattraper un film que je n’avais pas pu voir au cinéma. Découvrir un album de Dionysos que je ne connaissais pas, puis d’autres chansons au gré de mes envies et du temps qui s’offre à moi. Me laisser emporter par la musique et sentir mon corps et ses envies de mouvements. Jeter parfois quelques coups d’œil par le hublot pour vérifier que les nuages nous accompagnent toujours dans ce voyage. Ouvrir un magazine lorsque d’autres ferment les yeux. Décider de voir un nouveau film… puis finalement lui préférer des jeux qui demandent l’usage d’un stylo. Apprécier tout ce temps qui m’éloigne de mon quotidien. Beaucoup trop long diront certains. D’autres diront du temps perdu. Du temps à déguster selon moi.