Vous le savez, quand vous êtes entrés dans ma vie, j’étais amoureuse d’un autre. Plus flamboyant, plus solaire. Je ne voyais que lui derrière mes lunettes noires. Et c’est pour lui que je sortais mes plus jolies robes.
Mais cet autre m’a quitté sans crier gare et j’ai eu très froid à ce moment-là. Vous ne m’avez pas connu sous mon meilleur jour… Vous êtes pourtant restés et avez su faire preuve de douceur avec moi. Certains appellent cela l’été indien. Je me suis réchauffée, mes larmes se sont asséchées.
C’est à ce moment-là que j’ai pu apprendre à vous connaître, découvrir votre caractère et vos couleurs. Du jaune, de l’orange, du rouge. Vous rougissiez ! De me voir à vos côtés ? Vous avez su m’apprivoiser. Je ne vous cache pas néanmoins que j’ai encore un peu de mal avec votre sensibilité, ces jours où vous pleurez quasiment toute la journée. J’aimerais pouvoir vous consoler, vous rendre votre sourire mais ces jours-là, aucune lumière ne vous atteint.
Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas oublié mon été, peut-être d’ailleurs ne l’oublierai jamais. Je crois que seule une belle amitié pourra se construire entre vous et moi. Ce qui est déjà beaucoup, ne croyez-vous pas ?
Je vous laisse sur ces paroles qui, je l’espère, ne seront pas les dernières.
L’été est ma saison préférée. Pour diverses raisons : les journées à rallonge qui nous donnent l’impression de pouvoir vivre plus, le ciel souvent bleu qui emplit mon regard, le soleil bien présent qui permet de sortir sans prendre de gilet ou de veste (pour la frileuse que je suis, c’est un grand plaisir). Pour les fleurs aussi, toujours présentes, qui donnent des couleurs aux parcs et jardins. Et puis c’est la saison des vacances. Même si tout le monde ne part pas ou ne part pas à cette période, les vacances scolaires s’imposent, les grandes villes se vident (pour le grand plaisir des citadins qui restent), et s’emplissent tout à la fois de touristes étrangers, leur donnant un goût d’ailleurs.
Bien que l’air soit parfois étouffant, une odeur de légèreté circule pleinement. Les vêtements deviennent moins lourds et se raccourcissent, mettant enfin à l’honneur les formes de chacun, rendant les corps un peu moins uniformes que lorsqu’ils sont engoncés dans d’énormes manteaux sombres. D’ailleurs, la couleur est de nouveau bien présente dans la vie quotidienne ! Les diverses activités extérieures se multiplient, animant chaque place ou parc. C’est également la saison des pique-niques et des barbecues, et qui n’aiment pas ces repas, souvent simples mais toujours accompagnés de sourires ? Pour certains, le rythme est ralenti et on prend plus de temps pour faire ce que l’on aime, ce qui nous fait du bien.
Mais nous voici déjà à l’aube de la rentrée. Rentrée scolaire certes, qui ne concernent donc plus la plupart d’entre nous, pourtant nous parlons tous de rentrée après cette période estivale, qui semble allégée le cœur de beaucoup. L’été est passé vite. Bien que la période offre de longues journées, j’ai la sensation d’être passée par un accélérateur de temps ! Les bureaux s’emplissent de discussions autour des vacances terminées, souvent ponctuées de soupirs ou de « Les vacances sont toujours trop courtes ! ».
Pour moi, l’été est une période plus douce, plus calme, moins contraignante par divers aspects, plus légère donc et avec un rythme plus tranquille. Pour autant, la rentrée amène son lot de possibles. Un potentiel nouveau rythme à trouver, de nouvelles activités à tester, de nouvelles envies, de nouvelles opportunités. Un peu comme à la nouvelle année, on se pose quelques minutes ou quelques jours, pour faire le point, se demander de quoi on a envie, qu’est-ce qu’on aimerait avoir de plus ou de moins dans sa vie. Et chacun à la possibilité d’entrer en action pour s’offrir ce qui est souhaité, rêvé, imaginé. L’été n’est pas tout à fait terminé, la vitamine D inonde toujours nos corps, le froid ne nous a pas encore engourdi, bref, la période est parfaite pour « tester »… à condition de résister et de ne pas se laisser engloutir par la tempête de la rentrée ! Certains pensent qu’il faut sauter dans la rivière et se laisser emporter par le courant pour ne pas se laisser distancer ! Il est pourtant possible de rester sur la berge et d’avancer à son propre rythme. Un peu comme en été en fait.