
Cher automne,
Vous le savez, quand vous êtes entrés dans ma vie, j’étais amoureuse d’un autre. Plus flamboyant, plus solaire. Je ne voyais que lui derrière mes lunettes noires. Et c’est pour lui que je sortais mes plus jolies robes.
Mais cet autre m’a quitté sans crier gare et j’ai eu très froid à ce moment-là. Vous ne m’avez pas connu sous mon meilleur jour… Vous êtes pourtant restés et avez su faire preuve de douceur avec moi. Certains appellent cela l’été indien. Je me suis réchauffée, mes larmes se sont asséchées.
C’est à ce moment-là que j’ai pu apprendre à vous connaître, découvrir votre caractère et vos couleurs. Du jaune, de l’orange, du rouge. Vous rougissiez ! De me voir à vos côtés ? Vous avez su m’apprivoiser. Je ne vous cache pas néanmoins que j’ai encore un peu de mal avec votre sensibilité, ces jours où vous pleurez quasiment toute la journée. J’aimerais pouvoir vous consoler, vous rendre votre sourire mais ces jours-là, aucune lumière ne vous atteint.
Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas oublié mon été, peut-être d’ailleurs ne l’oublierai jamais. Je crois que seule une belle amitié pourra se construire entre vous et moi. Ce qui est déjà beaucoup, ne croyez-vous pas ?
Je vous laisse sur ces paroles qui, je l’espère, ne seront pas les dernières.