
Il souffle doucement dans l’anneau et une bulle translucide se forme, de plus en plus grande. Une sonnerie de téléphone retentit et il sursaute. La bulle éclate avant même d’avoir pu s’élever dans les airs. Il ferme les yeux de colère et les rouvre juste à temps pour voir une alouette fendre le ciel. Il ferme rapidement son tube rempli d’eau savonneuse, le jette à terre et fait alors un saut, levant les bras le plus haut possible, se donnant ainsi l’impression qu’il pourra peut-être toucher les nuages. Avant de redescendre, il lance un « Salut » à l’oiseau.
Ses pieds retombent dans le sable, juste à côté d’un tas d’algues. Il se met à courir au bord de l’eau, agitant un bras comme s’il tenait une corde qui lui servait de lasso. Il cherche à dompter un quelconque animal imaginaire. Il dérape, creusant un creux dans le sable, se relève, jette un œil derrière lui et fait un signe de la main.
C’est un homme à moustache qui le reçoit. Son visage a la couleur d’une pivoine et ses cheveux celle de la paille. Il est calé contre un muret derrière lequel une foule se promène. Une odeur de tarte aux myrtilles flotte dans l’air, se mêlant à celle de la mer. Il corne la page du livre qu’il était en train de lire et attrape la paire de lunette de soleil posée sur sa tête pour la remettre sur son nez. Son regard se pose de nouveau sur son petit homme qui est maintenant étalé sur la plage. Il rentrera plein de sable et, à son retour dans la maison, sa grand-mère lui rappellera de passer par la douche avant d’ensabler toutes les pièces. Cette pensée le fait sourire.