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Souvenir d’hiver

Je me souviens de ces vacances, celles où je ne partais pas parce que le temps hivernal ne s’y prêtait pas. Ma sœur et moi passions alors beaucoup de temps chez mon grand-père.

Dehors, le froid était piquant. Je cumulais les couches de vêtements. J’emmitouflais tout ce que je pouvais pour que ma peau soit le moins possible au contact de l’air. Une fois arrivée chez mon grand-père, j’enlevais la majeure partie de mes diverses couches de vêtements et je me posais dans la véranda. Au milieu des plantes, j’offrais mon visage au soleil et je savourais cette douce chaleur. Je restais là, de longues minutes, jusqu’à ce que l’on vienne me déloger.

L’autre plaisir de ces vacances se passait en extérieur : le carnaval ! Chaque année, de nombreux forains investissaient le centre ville, le parant de mille couleurs et d’ampoules clignotantes. Certains jours s’ajoutaient à cela des chars, des musiciens, des danseurs. Le monde se pressait pour les voir, les écouter. Toute cette animation rendait l’hiver plus supportable, plus coloré, plus joyeux. J’aimais m’emplir de tout ce brouhaha, des sourires de chacun et de la joie qui envahissait la ville.

Et si, en plus de cela, mon grand-père m’offrait une barbe à papa, alors je devenais aussi légère que la sucrerie. Je me souviens de l’attention que je portais à la création de cette boule rose, grossissant à vue d’œil sous mon regard. Je me souviens de la texture, aussi légère qu’un nuage (du moins l’imaginais-je), fondant en moins d’une seconde sous ma langue. De ce goût sucré que je voulais garder le plus longtemps possible en bouche, et de mes doigts collants qui, pour l’occasion, ne se cachaient plus dans mes gants.

Je crois que mon grand-père prenait autant de plaisir que ma sœur et moi, à parader dans cette ville nouvelle et éphémère, les cinq sens aux aguets. Nous nous chargions d’ondes positives jusqu’à ce que la sensation de froid se rappelle à nous et nous incite à rentrer. J’ai toujours été une fille de l’été, il n’y a aucun doute à cela. Je garde néanmoins un souvenir joyeux de ces vacances d’hiver.

Des instants suspendus à s’offrir

Je ne sais pas à quoi ressemble votre intérieur… Je parle évidemment de votre logement, pas de votre corps ! Chez moi, de nombreuses photos sont affichées un peu partout. Elles représentent principalement des personnes : mes proches, amis, famille. Bien plus qu’une simple déco, c’est un de mes petits plaisirs. Je vous explique.

Lorsque mon regard tombe sur l’une d’elle, surgit alors dans mon esprit le souvenir du moment où la photographie a été prise. Je me rappelle le moment, le lieu, mais surtout l’émotion, ce que je ressentais à cet instant précis. En général, cela suffit à me donner le sourire.

Lorsque mon regard s’attarde, lorsque mon esprit s’envole, je me souviens de bien plus que ce qui s’offre à mes yeux. Je revisite ce que j’ai déjà vécu avec la ou les personnes qui m’offrent leurs sourires figés dans le papier glacé. Et je savoure le lien qui nous lie, qui nous unit. Durant quelques secondes, mon quotidien s’efface.

Est-ce que j’ai besoin de ça pour me rappeler, me direz vous ? Non, évidemment, non. Mais ces photos, c’est une manière d’y penser plus, ou mieux. Ce sont des souvenirs qui s’invitent dans ma tête à des moments où je ne m’y attends pas. C’est comme un enfant qui vient vous offrir un bonbon alors que vous êtes en grande discussion avec ses parents. Vous vous arrêtez quelques secondes, vous lui souriez et vous le remerciez. Et peu importe qu’il soit venu interrompre un échange des plus importants. Cette parade de photos, ce sont mes petits bonbons, avec le sucre en moins !